septembre 2022

Serge von Siebenthal : Quand « croissance » rencontre « pénurie »

Depuis l’origine, les êtres humains font face à des mutations perpétuelles et adaptent leur construction sociale aux évolutions naturelles et aux changements qu’ils provoquent eux-mêmes.
On dirait bien que ce début de XXIe siècle invite l’humanité à une réflexion sincère sur l’exploitation de la biodiversité, creuset énergétique indispensable à nos systèmes de production en tout genre. La question se pose d’autant plus que, pour atteindre leurs objectifs de croissance, les pays doivent se disputer, parfois méchamment, des matières premières ne couvrant pas seulement des besoins d’équipement, mais aussi vitaux.

Le conflit russo-ukrainien constitue un brutal rappel de cela : la Suisse se trouve tout à coup menacée par une pénurie d’électricité touchant l’ensemble de la population, tandis que les entreprises supportent déjà l’indisponibilité des matières premières et des matériels due à la surchauffe post-covid des marchés.

TROGER s’organise : nous incitons nos clients à adjudiquer rapidement afin de ne pas s’exposer à la hausse régulière des produits. Nous procédons à l’étagement des commandes afin d’éviter des stockages coûteux. Nous optimisons les trajets de nos équipes de terrain, dans un but environnemental et de réduction des coûts.
Les prix de la construction augmentent dans toute la Suisse, nous le savons. Cette hausse est la conséquence directe de l’appréciation des matériaux, en particulier du plastique et de l’acier d’armature, mais aussi du transport. Pour autant, nos efforts d’organisation, d’optimisation et de méthode de travail nous permettent de limiter ces variations et de maintenir notre culture de la qualité.

Il est temps de se poser la question de nos véritables besoins au-delà des nécessités biologiques, qui sont largement couvertes dans notre pays. Pour mener une vie saine, productive, et pourquoi pas heureuse, la sobriété, bien qu’imposée, est une piste vertueuse et stimulante.
À titre d’exemple, l’énergie hydroélectrique produite par notre pays, pourtant abondante, ne suffit pas à couvrir nos besoins hivernaux. Le Conseil fédéral a fixé un objectif d’économies volontaires de 15 % pour les mois à venir. Les foyers et les entreprises devront réduire la température de leurs espaces, un degré de moins suffisant à réaliser des économies de 5 à 6 %. Nous nous inscrirons volontiers dans cette dynamique afin de stabiliser la situation du pays et apprendre à faire des économies au double avantage, économique et environnemental.

C’est en faisant preuve d’ingéniosité, mais aussi de raison, que la pénurie se dissipera au profit d’une croissance nécessairement mesurée sur l’ensemble de la planète.

Serge von Siebenthal
Directeur Général